Ce plan de cours a pour but d’initier les étudiants des niveaux secondaire et post-secondaire au travail de l’artiste de la nouvelle vague autochtone, Jordan Abel, un auteur nisga’a de la Colombie-Britannique.

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1. PLAN DE COURS: JORDAN ABEL

Jordan Abel est un auteur nisga’a de Colombie-Britannique. Il fait présentement son doctorat à l’Université Simon Fraser sur l’intersection entre les sciences humaines digitales et les études littéraires autochtones. Le travail d’Abel a récemment été publié dans Best Canadian Poetry (Tightrope), The Land We Are: Artists and Writers Unsettle the Politics of Reconciliation (Arbiter Ring) et The New Concrete: Visual Poetry in the 21st Century (Hayword). Abel est l’auteur de The Place of Scraps, qui a gagné le prix de poésie Dorothy Livesay, et Un/inhabited. Son plus récent livre, Injun, une interrogation poétique sur les rêves coloniaux caractéristiques aux romans western, a gagné le prix Griffin de poésie.

Jordan Abel devait se joindre à la tournée pour la portion «ouest» de New Constellations, mais pour des raisons de santé, il n’a pu que participer au concert de Winnipeg, où il habitait pendant qu’il était auteur en résidence pour l’Université du Manitoba à l’automne 2017. Il a lu des passages de son livre-poème, Injun, qui a été élu comme le meilleur livre canadien de poésie de 2017 par le jury du prix Griffin de poésie (un prix d’une valeur de 65 000 $). Jordan a écrit Injun en extrayant des passages de 92 romans western publiés entre 1840 et 1950. En travaillant à partir d’un document ressource de 10 000 pages, il s’est concentré sur les phrases contenant le mot «Injun», créant ainsi un long poème explorant les thèmes de la race, du racisme et de l’effacement.


2. OEUVRE SÉLECTIONNÉE

Lis et écoute un extrait de Injun, présenté par Jordan Abel lors de la lecture du prix Griffin de poésie en juin 2017: http://www.griffinpoetryprize.com/awards-and-poets/shortlists/2017-shortlist/jordan-abel/#excerpt

Tu peux également lire un extrait de Poetry In Voice, un concours national de récitation destiné aux étudiants du secondaire, ici: https://www.poetryinvoice.com/poems/injun


3. ENTREVUE AVEC L’ARTISTE

Quelle est l’inspiration derrière Injun?

J’ai toujours trouvé le genre western profondément troublant, surtout en ce qui concerne la représentation des peuples autochtones. Mon inspiration derrière Injun est venue du désir d’embrouiller, de déranger et ultimement de démanteler le racisme qui est au coeur du western.

 

Bien que tu aies lu directement de ton livre durant New Constellations, tu as souvent livré ce poème en jouant un enregistrement audio sur lequel on peut entendre un pot-pourri de ta voix qui le récite. Comment as-tu créé cette oeuvre?

Cette oeuvre a été créée en utilisant plusieurs extraits de ma voix en train de lire le poème, que j’ai ensuite coupés et édités avec différents programmes comme Garage Band et Adobe Audition. La performance (dont tu parles plus haut) est un remix de ces fichiers audio en temps réel grâce à Ableton, un programme pour DJ (et une console de DJ [un Akai APC mini dans la vidéo du Griffin]).

 

Comment décrirais-tu le processus de travailler avec textes déjà existants? Comment as-tu décidé de combiner différents fragments? As-tu eu d’agréables surprises?

Tout ça est une surprise pour moi. Chaque fois que je le regarde (et/ou que je le présente), je suis toujours surpris par la manière dont les mots se sont assemblés (ou, dans certains cas, séparés). Le processus de travailler avec des textes existants est très similaire au collage. L’acte d’écrire devient autre chose que juste le fruit de l’imagination et se transforme en un jeu de combinaisons, de conceptualisation et de conservation.

 

Comment as-tu commencé à faire de la poésie?

J’en parlais avec Chelsea, ma femme, l’autre jour. Nous étions tous deux des étudiants à l’Université de l’Alberta et elle était inscrite dans un cours de poésie. Je trouvais ça cool à l’époque, même si je ne l’aurais jamais avoué. Je pense qu’à un certain point, elle m’a suggéré de suivre un cours de poésie avec un des professeurs qu’elle aimait et avec qui elle avait travaillé avant. Quand on en parle aujourd’hui, c’est drôle de penser comment un si petit moment peut avoir un impact aussi énorme.

 

As-tu des conseils pour les jeunes auteurs?

Oui! Écrivez. N’abandonnez jamais. C’est un conseil tellement simple, mais tous ceux que je connais qui ont réussi dans le monde de l’écriture et de l’édition, l’ont fait grâce à leur persévérance. Inversement, je connais aussi beaucoup de gens qui, à un moment ou un autre, ont simplement arrêté d’essayer. Tant que tu ne cesses jamais d’essayer, tu réussiras. Je crois en toi!

 

Qu’est-ce que tu espères inculquer à tes lecteurs?

J’espère que mon travail servira de point de départ pour un certain dialogue. Que ce soit à propos de l’histoire autochtone, du potentiel de la poésie ou peu importe. J’espère que mon travail poussera les lecteurs à réfléchir, à poser des questions et à entamer des conversations.

 

Qu’est-ce que «résurgence» veut dire pour toi?

Pour moi, la résurgence est l’idée de reconnecter avec les connaissances traditionnelles autochtones, les langues et les visions du monde et de reconnaître si ces connections ont été influencées par la violence coloniale.


4. EXERCICES D’ÉCRITURE

Le livre de Jordan, Injun, explore comment un récit peut changer selon qui le raconte et comment notre vision du monde est modelée par le langage utilisé dans les histoires que nous entendons et partageons. Qu’est-ce que ça veut dire lorsque tu n’es pas capable de raconter ton histoire? Qu’est-ce que ça signifierait de se réapproprier des histoires qui ont fait souffrir des gens et qui ont servi à effacer le passé de d’autres? Écris un «poème d’effacement» en choisissant un texte que tu as envie de décortiquer en profondeur. Cela peut être un document historique, une lettre d’un écrivain célèbre, un roman, un article de journal, un éditorial – tout est permis, tant que c’est quelque chose qui a une certaine valeur à tes yeux. Tu peux le faire sur un ordinateur en utilisant le copier/coller et les fonctions de recherche ou sur du papier avec un marqueur noir, en coupant des mots et des phrases pour que les éléments restants racontent une nouvelle histoire. Assure-toi de réfléchir à la manière dont les mots et les phrases s’imbriquent les uns dans les autres afin que le résultat puisse être compris par le lecteur. Regarde comment Jordan expose dans son poème le racisme présent dans les romans qu’il a utilisés et réfléchis à comment ce que tu coupes ou conserves révèlera la nature de ton texte initial. Que révèle le choix de mots de l’auteur lorsqu’il est séparé de son texte original? Jette un coup d’oeil à cette image qui montre comment Jordan a réarrangé les phrases pour Injun (http://www.griffinpoetryprize.com/awards-and-poets/shortlists/2017-shortlist/jordan-abel/#excerpt) et pense à l’influence que la restructuration d’un texte peut avoir sur la manière dont il sera lu. Continue de couper, de coller et d’effacer jusqu’à ce que tu sois satisfait avec du résultat final.


5. CVR: IMAGINE UN CANADA

Le Centre national pour la vérité et réconciliation (CVR ) fait appel aux jeunes pour que chacun d’eux Imagine un Canada dans une optique de Réconciliation! Quelle est ta vision de la Réconciliation? À quoi ressemble-t-elle?

Imagine un Canada est une invitation aux jeunes, de partout à travers le pays, à partager leur vision de ce que pourrait être la Réconciliation. Cela peut être un poème, une chanson, une peinture, une sculpture, un rap, un dessin, un essai, tout est permis! Cette invitation est lancée chaque année pour s’assurer que les jeunes continuent de prendre part à la vision de la Réconciliation au Canada. Imagine un Canada est parfait pour les étudiants, de la garderie aux études post-secondaires, pour explorer le passé et notre périple commun vers l’avenir. Nous voulons être collectivement tournés vers le futur de la Réconciliation et la jeunesse mérite de se faire entendre dans le cadre de cette discussion visionnaire. Imagine un Canada est une bonne manière pour les jeunes de, non seulement se sentir comme des citoyens concernés, mais aussi comme des citoyens porteurs de changement. Il faut les encourager à représenter le changement qu’ils désirent voir dans le monde.

Lorsqu’on étudie le travail d’artistes autochtones contemporains, il est important de considérer la relation trouble entre le Canada et les Premières Nations et la vérité relative à l’histoire des pensionnats, une approche que le CVR supporte dans le cadre de l’enseignement scolaire. À mesure que les étudiants en apprennent plus sur notre histoire, il est important de mettre à leur disposition des façons de contribuer au changement. Apprendre la vérité sur l’histoire des pensionnats peut être, sans contredit, extrêmement troublant. Nous voulons donc continuer à l’enseigner tout en proposant des occasions pour créer un futur meilleur. Imagine un Canada est une de ces occasions.

Les amis et partenaires du CVR de partout à travers le pays aideront à évaluer les soumissions de chaque région et un participant par province et territoire sera choisi chaque année pour assister à la célébration nationale de Imagine un Canada!

 

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